NONSENSE : Away From Black Days

Crédit photo : Denis Oeuillet Photographe

 

Groupe lyonnais aux fortes influences djent, Nonsense se présente aujourd’hui à nous avec leur 2e EP ; Away from Black Days.

Composé de 5 morceaux, c’est dans un véritable monde à part que le quintet nous emmène. En arrivant à instaurer une atmosphère planante et énigmatique d’entrée de jeu, Away From Black Days saura convaincre très rapidement même les plus sceptiques.

Il s’ouvre sur le morceau Coma, mélange de sons divers entre conversations et bip d’électrocardiogramme, et de guitares et basse bien lourdes se perdant dans l’écho des voix qui résonnent. Un timbre bien particulier qui créé une profondeur peu commune aux traditionnels opening d’albums et EP djent.

Il est temps d’entrer véritablement en matière avec le second morceau, The Urge. Avec un début mettant bien en avant les capacités du batteur de la formation, Nonsense nous fait comprendre qu’ils ne sont pas là pour ramasser les fraises. L’équilibre entre la voix saturée et la voix clean – ainsi que ses harmoniques – est parfaitement dosé, et on s’imagine très bien s’éclater sur un morceau pareil en concert. La partie clean est construite de façon plutôt catchy sur une sonorité un brin épique, et on doit avouer que ce n’est pas pour nous déplaire.

 

Retranscription d’émotions

 

Niveau musicalité, on ne se fout clairement pas de notre gueule ; avec une structure aussi technique que complexe et des riffs à en faire pâlir Jared Dines, on est convaincues de suite que les lyonnais ont leur place parmi les plus grands. Il ne s’agirait donc qu’une petite question de temps avant de les retrouver têtes d’affiches de festoches préférés ?

Le ressenti plus « émotionnel » fait pour nous son entrée sur le 3e morceau, Black Days. On a l’impression de passer à travers les différents stades de la colère, passant de la rage à la douleur, puis la mélancolie. Le rythme est calculé de façon à toujours nous garder en mouvement, soit en sautant, soit en distribuant des mandales au reste de la fosse ( mais avec amour bien sûr ). Encore une fois, la voix clean vient se poser au parfait moment, sur un intervalle un peu planant qui est complété par des harmonies de secondes voix et des éléments symphoniques tout juste fondus dans les portées. On commence vite à reconnaître la patte de Nonsense, qui semble savoir mêler lourdeur, technicité et épique à juste dose. Au moment où l’on se dit que le morceau crée une espèce de boucle alternant baston et douceur, le quintet nous renvoie du shred et du scream dans la tête histoire de bien nous rappeler qu’on ne peut pas anticiper la mesure qui va suivre, et on est plutôt fan de côté là.

 

Fluidité agressive

 

Innate, avant dernière piste de cet EP époustouflant, vient poser le dénouement à la fois des cinq morceaux, mais également de l’histoire que l’on vient de nous raconter tout au long de celui-ci. Il démarre sur les chapeaux de roue, avec un growl énervé, appuyé et porté par l’instru qui vient donner toute sa puissance au texte. Au milieu du morceau, un changement d’atmosphère, presque mystique vient s’installer. Comme si le personnage avait enfin réussi à trouver l’issue qu’il cherchait.

Redeeming Light, morceau en feat. Avec Joe TAL (de Textures) et clôture de cet EP est une piste sur laquelle growl et chant clair se répondent, ponctués par 2 apartés techniques et magiques, qui nous prouvent une fois de plus la virtuosité de tous les membres du groupe. Les capacités vocales d’Olivier étant multiples, il peut en une seconde passer de quelque chose de très aérien à des mélodies beaucoup plus agressives. Ce morceau vient véritablement nous montrer la riche étendue de ce groupe : des musiciens techniciens, un lead guitar bien léché et un chanteur extrêmement doué. Cette avant dernière piste apporte également un virage quelque peu inattendu et très agréable à cet EP, avec des contrastes musicaux intéressants et une déferlante de rythmique. Tout s’enchaine de manière et fluide et fracassante.

 

Après deux ans de dure labeur,  Away From Black Days se révèle être le fruit d’un travail varié et très plaisant. Des morceaux longs, de qualité, à la technicité irréprochable. Un véritable ouragan musical ! Fan ou non du genre, on y prend très rapidement goût, et une fois dedans, on a envie de l’écouter bien plus d’une fois.

 

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