AKSHARA : De l’ambition à la prouesse

En pleine tournée européenne pour la sortie de leur premier EP Absolution, la bande d’Akshara s’est arrêtée à Lyon le temps d’une interview. L’occasion pour nous de découvrir des garçons tout aussi adorables que doués.


Bonjour Akshara ! Pouvez-vous vous présenter ?

Alex (basse) :  Je m’appelle Alex, je suis le bassiste. Le groupe vient de Suisse et puis… Que dire de plus? (Rires)

Benjamin (batterie) : Je suis Benjamin, batteur du groupe.

David (guitare) : Moi c’est David, guitariste.

Thomas (guitare) : Moi c’est Thomas, je joue aussi de la guitare.

Seb (voix) : Et moi c’est Seb, je suis celui qui tient le mégaphone ! (Rires)

 

Comment le groupe s’est-il formé ?

Alex : On a commencé à jouer à deux avec Benjamin dans la cave d’un bar, parce que le patron était assez sympa pour nous la prêter et il avait tous le matos nécessaire. On a d’abord tourné avec les potes des potes qui voulaient bien faire un essai au fil de l’eau. Notre but était d’avoir des musiciens pas trop limités dans ce qu’ils pouvaient faire et qui pouvaient se lâcher. L’idée c’était tout de suite d’avoir des types qui se la donnent, avec des shredders et tout, qui pouvaient jouer du Metallica, du Papa Roach… Non je rigole. (Rires)

Benjamin : On voulait pas se limiter techniquement, sur nos débuts on a fait des choses pas mal inspirées de Lamb Of God par exemple. On aime ce genre de sonorités travaillées.

Alex : Le metal efficace et technique qui t’arrache les oreilles, tout en gardant un vieux son avec les moyens de bords. On avait pas trop de local attitré, puis au fur et à mesure on a trouvé un peu plus de monde avec David et Yoan qui nous ont rejoint. ( Yoan n’étant pas présent sur la tournée ndr ). Il nous fallait un asiatique pour pouvoir faire du prog ! (Rires) C’est une vraie machine à riffs et à solos. Par la suite on a demandé à Seb, qui était dans un groupe dans lequel on avait déjà tous joué, de nous rejoindre.

David : La formation a été vraiment fixe et complète aux alentours de décembre 2016.

 

 » Rien n’est simplement ou bêtement composé. « 

 

D’où vous vient le nom Akshara ?

David : Alors c’est un nom qui vient de l’hindouisme, qui représente le « soi suprême » et c’est aussi une divinité. Il y a plusieurs interprétations, mais en ce qui nous concerne c’était par rapport à ce « soi suprême », puis aussi par rapport à l’esthétique du groupe.

Alex : On s’est dit que ce nom nous collerait bien, car on avait déjà cette idée de faire une musique qui nous pousse à nos extrêmes, qui serait très travaillée.

Seb : On a quand même bien galéré à trouver un nom !

 

Vous vous définissez comme un groupe de prog. Pour vous, y a t-il une recette parfaite pour pouvoir faire du « bon » prog ?

David : Ah bah on a souvent eu ce débat entre nous ! On savait pas vraiment comment se labelliser. On est tous fans de prog de base donc je pense que c’est aussi pour ça qu’on a choisi de rentrer dans cette catégorie.

Benjamin : On ne voulait se coller d’étiquette mais dans le milieu on est un peu obligés, ne serait-ce que pour pouvoir se présenter quand on veut jouer quelque part. Puis le metal progressif c’est hyper large !

Alex : On peut pas vraiment dire qu’il y ait une recette mais jusqu’ici on a toujours essayé de faire quelque chose qui nous surprenne et pas trop prévisible. On a rien de simplement ou bêtement composé, on a fait en sorte de garder une cohérence tout en gardant notre côté wtf dans les morceaux.

 

Quelles sont vos influences lorsque vous composez ?

David : On a tous des influences assez diverses. Même s’il y a des groupes qu’on aime tous, on a malgré tout des goûts différents. Moi je suis fan de black metal et eux détestent ça par exemple. (Rires)

Thomas : Je pense que c’est aussi notre point fort, parce que ça nous permet d’amener des touches très différentes. Ça donne une espèce de mélange auquel on ne peut pas s’attendre, car on joue et écoute des choses vraiment très différentes. Seb est dans un groupe de stoner, moi je joue du post-rock… Et puis ce qui est intéressant c’est que si tu remplaces n’importe quel membre par quelqu’un d’autre, tu auras une sonorité encore différente. Et justement, Akshara est ce qu’il est à cause et grâce à cette diversité.

 

Vous êtes en tournée pour votre premier EP, Absolution. Combien de temps avez-vous mis pour le composer et comment s’est déroulé ce processus ?

Alex : On a passé deux ans dessus. Il y a des choses qu’on n’a pas gardées car on les avait composées avant et que le groupe a entre temps évolué.

Benjamin : Quand Yoan et Thomas sont arrivés, ils ont apporté de nouvelles influences donc il y a certains morceaux qu’on a retravaillés et d’autres qu’on a laissés. Puis au fur et à mesure de la composition on a aussi tous évolué et gagné du niveau, donc ça nous a permis d’obtenir plusieurs morceaux pour l’EP. En parallèle on a déjà composé d’autres morceaux pour un prochain EP ou album. On a écrit chacun de notre côté et on a tout assemblé en répète.

 

Comment savoir quand l’EP est fin prêt à être bouclé et sorti ?

Thomas : On a toujours envie de rajouter des choses mais il y a un moment où on est obligés de se dire stop !

David : De base on voulait partir sur un album, on répétait chaque semaine. Un jour on s’est rendus compte qu’on composait des choses qu’on ne pouvait pas toujours jouer, et qu’il nous fallait du temps pour progresser techniquement.

Benjamin : On voyait que nos nouvelles compos n’étaient plus dans le même esprit que les morceaux d’Absolution. On s’est dit que c’était mieux de sortir un EP avec celles-ci en gardant une cohérence entre les morceaux.

 

 » Un ressenti émotionnel et spirituel. « 

 

Est-ce que vous avez un morceau préféré sur l’EP ? Si oui, pourquoi ?

Alex : Pour moi c’est Ethereal Damnation. Elle m’a demandé beaucoup d’efforts pour apprendre à la jouer et progresser. A force de la jouer et de la réécouter j’en suis devenu hyper fan, elle est aboutie, elle envoie du pâté et est magnifique.

Benjamin : Je dirais Playground. Ça a toujours été ma préférée, il y a un côté death/black avec des blasts que j’aime beaucoup, et puis il y a pas mal de breaks aussi qui contrastent le morceau rythmiquement. Elle m’a aussi demandé beaucoup de travail pour pouvoir la jouer !

Thomas : Pour moi c’est AbsolutionC’est le tout premier morceau que j’ai dû apprendre en rentrant dans le groupe, c’était un peu le « morceau test » qui allait montret si j’étais capable ou non de jouer avec eux. Pour moi il a encore la saveur de mon acceptation au coeur du groupe !

Seb : Moi ça dépend un peu des périodes… En ce moment je dirais Collateral Damage, c’est la plus underground qu’on ait puis il y a un passage rap dessus pour lequel j’ai beaucoup bossé et sur lequel je m’éclate en live.

David : Quand l’EP esr sorti, ma favorite était aussi Ethereal Damnation. Mais avec le temps je dirais que je suis revenu à celle que j’adorais pendant la composition; Warm Waters. Le ressenti et les paroles de ce morceau me touchent directement au niveau émotionnel et spirituel.

 

En parlant des paroles, David tu es seul à les écrire ? De quoi t’inspires-tu ?

David : J’ai écrit tous les textes de l’EP sauf Ethereal Damnation qui a été écrite par Thomas. Je discute quelques fois des paroles avec le groupe pour susciter un débat et voir comment elles sont reçues. Les premières paroles que j’ai posées sont venues spontanément en une vingtaine de minutes. Mais l’un de mes textes préférés, c’est celui de Warm Waters que j’ai écrit vraiment en coupe-vent avant d’entrer en studio. Niveau thématiques je m’inspire d’expériences personnelles, ça reste assez métaphorique donc libre d’interprétation, mais j’écris toujours par rapport à quelque chose qui me concerne. C’est assez mélancolique et colérique la plupart du temps.

Benjamin : Précisons qu’il est bilingue, ça nous décourage tous à écrire parce qu’il écrit trop bien ! (Rires)

Thomas : La technique c’est d’attendre que le reste du groupe te demande 4 ou 5 fois si t’as fini d’écrire, et après il se passe un truc où t’as une espèce d’inspiration. (Rires) Pour écrire c’est souvent sur le moment, à un instant précis j’ai une idée, une phrase, et là dessus je peux écrire tout le reste.

 

Qu’avez-vous de prévu pour 2019 ?

Thomas : On va tranquillement avancer dans nos compos étant donné que nous en avons déjà quelques unes. On a pas de vision très précise de ce qu’on veut pour la suite, mais on est certains qu’on va continuer à avancer comme on l’a fait jusqu’à maintenant.

Alex : On s’imagine tout à fait mettre nos 3 dernières compos sur un futur album, mais pour l’instant il nous manque encore quelques morceaux. On a tous envie de sortir quelque chose de gros et de concret.

Benjamin : On va peut-être enregistrer les 3 morceaux qu’on a de prêts pour pouvoir les sortir petit à petit.

Thomas : C’est clair qu’aujourd’hui c’est nécessaire de rester en contact avec le public en apportant régulièrement des choses nouvelles.

 

Si vous pouviez partir en tournée headline avec les groupes de vos choix, qui emmèneriez-vous ?

Benjamin : Oh bah Metallica en support, direct ! (Rires) Plus sérieusement sinon, je dirais Dorje, et en deuxième groupe Architects, juste en tant que pur fanboy.

Seb : Pour moi Lamb Of God et Meshuggah !

David : Moi Meshuggah aussi, et puis Led Zeppelin. Clairement, ça serait incroyable.

Alex : Si c’est pour se faire rêver; Lamb Of God et puis… les Murder Dolls et Black Label Society, ça serait un kiff monstrueux.

Thomas : Moi j’aimerais bien jouer avec Toska, ils ont un univers hyper abstrait et un quelque chose que les autres groupes n’ont pas. Je pense que ça m’apporterait beaucoup de pouvoir partager la scène avec eux, et ça m’inspirerait à mort !

 

Si vous deviez définir Akshara en un seul mot, lequel vous choisiriez ?

Thomas : Lait ! Parce que nous, on veut que les gens nous donnent tout leur lait quand ils nous écoutent ! (Rires)

Alex : Ou porc, parce que quand on fait du sale on aime bien dire que c’est porc !

Seb : Sobriété et efficacité, voilà.

 

La question classique à présent… 3 mots pour terminer ?

Alex : Putain de moments.

Benjamin : Please, Soja, Milk.

Thomas : Manivelle, Pingouin, Shampoing.

David : Chasuble, mycose, frauensaft.

Seb : Give us milk !

 

 

Crédits photos : Morgane Raposo Photography – http://www.morganeraposo.ch/

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