KADINJA : Dans les cuisines du djent français

Quelques semaines avant la sortie de Super 90′, on a eu la chance de pouvoir poser quelques questions aux fameux Kadinja au sujet de leur prochain opus qui sortira le 18 janvier.

 

Bonjour Kadinja ! Vous vous présentez avant de commencer ?

Morgan : Hello, je suis Morgan batteur de Kadinja, groupe de Djent basé à Paris, né en 2012. Le groupe est composé de Pierre Danel, guitariste et compositeur principal, Quentin Godet, guitariste, Philippe Charny Dewander au chant, et Steve Treguier à la basse. Nous avons sorti un premier album, Ascendancy début 2017, et nous apprêtons à sortir notre deuxième album Super 90’ le mois prochain.

Steve : Hi, je suis Steve, bassiste de Kadinja.

 

Comment s’est déroulée la composition de Super 90’ ?

Morgan : Relativement simplement sur cet album contrairement au précédent. Pierre compose 99% de la musique de Kadinja. Nous validons tous ou modifions certaines choses ; nous avons eu une équipe de deux personnes sur les parole1 à savoir Phil et Steve, une équipe pour la compo des lignes de chant (Pierre et moi). Ça nous permis de travailler très vite, et plutôt efficacement je crois.

Steve : La particularité sur cet album a été de se mettre volontairement sous pression  en s’imposant des contraintes et une rigueur que nous n’aurions certainement pas tenues si on avait travaillé « à la cool ». Super 90’ a été composé très rapidement, nous recherchions un effet de spontanéité, sans trop tout calculer.

 

Vous avez sorti il y a peu votre single The Modern Rage en guise de mise en bouche pour votre prochain album. Il semble assez conceptuel, un peu énigmatique. Quel était votre état d’esprit pendant le processus d’écriture de celui-ci ?

Morgan : Alors il n’avait de conceptuel que la violence je crois ( Rires ). Sur les chansons les plus calmes en général il y’a plus de réflexion mais sur un morceau comme The Modern Rage, on traite principalement d’une maladie moderne, des gens qui suivent le mouvement, des gens scotchés à leur Télé ou leur Smartphone (dont on fait partie bien évidemment). Musicalement on voulait quelque chose d’assez technique et violent sur 80% du morceau, avec un pont plutôt néo hardcore qui vient trancher avec ça, mais qui n’en reste pas moins violent. On aime aussi se mettre des défis, ce morceau en est un techniquement, c’est, je crois, la base du concept… débile.

Steve : Concernant The Modern Rage, c’est sans doute le morceau qui a été écrit le plus rapidement, et qui reflète l’album et ce que nous avons cherché à y intégrer. Il a été composé en moins d’une journée la veille de démarrer l’enregistrement… Et pour l’anecdote, les morceaux de Kadinja ont toujours, pour commencer, des noms de préproduction aléatoires. Celui-ci s’appelait initialement « Aucun sens ».

 

Les pieds sur terre en toute légèreté.

 

Pourquoi le titre Véronique ? Est-il en lien avec Dominique que l’on peut trouver sur votre premier album ?

Morgan : Nous gardons et garderons toujours un côté léger… Kadinja c’est beaucoup de travail, beaucoup de technique, beaucoup de plein de trucs mais c’est surtout pas mal d’auto critique, de légèreté et de « non prise » au sérieux. Je ne connais même pas le pourquoi de Dominique, je ne connais toujours pas celui de Véronique qui doit être une private joke entre 2 membres du groupe, on nous propose déjà des noms à la con (désolé les Domi et Véro, on vous aime) pour le prochain album… ça n’a aucun sens. Cependant les deux chansons ont une similarité, elles terminent toutes les deux par de longues outro assez planante et massive, mais c’est un pur hasard.

Steve : Véronique est un bon exemple de nom « à la con » de préproduction qui est finalement resté sur l’album. Ce nom a un lien lointain avec le sens du morceau, mais il s’agit effectivement ici surtout de faire une référence au précédent album, et de caler des blagues qui font parler…

 

Vous êtes rentrés il y a peu dans la famille Arising Empire qui accueille aussi LANDMVRKS ou Novelists. Comment c’est de représenter de plus en plus les frenchies sur la scène metal actuelle ?

Morgan : Bah on est déjà très fier de travailler avec Arising Empire et Nuclear Blast, après je pense qu’on n’a jamais pensé représenter la France. Si les gens pensent un jour qu’on les représente ça sera une énorme fierté.

Steve : Après effectivement, la scène française est de plus en plus présente dans le Metal moderne à l’international. Nous ne pouvons que nous en réjouir !

 

Une démocratisation de la technicité.

 

Vous n’avez pour l’instant qu’un album et quelques singles sur Spotify, mais vous êtes déjà suivis par plus de 20 000 personnes chaque mois. Comment on appréhende un tel succès ?

Morgan : Aucune idée de ce que 20000 auditeurs/mois représentent mais on remercie chacun d’entre eux du fond du cœur. C’est un succès de voir ce chiffre grandir, de voir tout ce qui est en train d’arriver après j’aurais du mal à te dire comment on « appréhende un tel succès », à notre niveau c’est un succès très humble, de taille normale pour un jeune groupe développé par un label compétent, on prend les bonnes nouvelles les unes après les autres, comme elles viennent, on se réjouit du fait qu’elles sont de plus en plus nombreuses et on se contente de faire du mieux qu’on peut album après album, assez simplement.

Steve : Pas grand-chose à ajouter !

 

Le milieu du djent et du prog semble se démocratiser de plus en plus auprès du public depuis quelques années. D’après vous, à quoi est-ce lié ?

Morgan : Le djent est à la fois adoré et très critiqué, comme l’était le Néo Metal dans les années 90/2000, je ne pourrais pas trop te dire pourquoi. Moi j’aime quand le Metal groove et qu’il me transporte un peu au niveau des mélodies, de l’harmonie, de la technique. Donc clairement j’ai tout ça dans ce genre, je peux comprendre ce que les gens aiment et détestent dans ce style.

Steve : Les gens s’ouvrent de plus en plus à la musique technique, et c’est une bonne chose. Après comme toute nouvelle vague, il y a toujours à boire et à manger. C’est toujours bon signe dans l’Art lorsque quelque chose ne fait pas l’unanimité, divise l’opinion et crée du débat et de l’échange. C’est clairement ce qui est en train de se passer sur cette scène et c’est ce qui lui donne de mon point de vue un bel avenir !

 

Vous avez déjà pu tourner avec des groupes tels que Monuments, The Dali Thundering Concept, avez joué au Macmillan Fest… Y a-t-il des groupes en particulier avec qui vous aimeriez pouvoir jouer ?

Morgan : Je pense qu’on adorerait jouer avec tous les gros de cette scène, Meshuggah, Periphery,  Tesseract, Animals As Leaders – pour qui nous avons déjà ouvert.

Steve : Comme tout groupe, partager la scène avec les piliers de notre style est effectivement un but évident. Avec Super 90’, nous ne voulons pas non plus nous limiter à un album métal, et nous avons différents projets en tête qui pourraient nous amener aussi à jouer/tourner avec des groupes assez inattendus.

 

De la même façon, une salle en particulier dont vous aimeriez fouler les planches ?

Morgan/Steve : Le bataclan, pour des raisons évidentes.

 

A quoi peut-on s’attendre pour ce prochain album ?

Morgan : Des morceaux moins décousus que sur Ascendancy, des structures plus ordonnées, encore beaucoup de techniques, un son plus organique, des couleurs pouvant parfois rappeler ce qu’on écoutait il y a 15 ou 20 ans, et beaucoup d’amour, toujours ! ( Rires )

Steve : Oui, de manière général, un album très focalisé sur l’émotionnel et le groove, et clairement moins sur la technique.

 

3 mots chacun pour finir ?

Morgan : Nineties Are back.

Steve : Catch you soon !

 

 

Crédit Photo : Bastien Sablé

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