MIRAGE : Dure leçon de patience

Avec un premier EP sorti il y a peu intitulé Depuis Le Temps , les garçons de Mirage semblent être plus que jamais déterminés à aller aussi loin que le temps les portera. C’est autour d’un verre et au détour d’une séance photo qu’on est partis rencontrer le quintet lyonnais, qui nous en a dit un peu plus sur son histoire.


Hello Mirage ! Pouvez-vous vous présenter ?

Antoine (batterie): Et bien moi c’est Antoine, batteur de Mirage.

Stéphane (guitare rythmique) : Moi c’est Stéphane, guitariste rythmique et puis euh… voilà. (Rires)

David (voix) Moi c’est David, chanteur de Mirage.

Adrien (guitare lead) : Moi c’est Adrien, guitariste ce Mirage. Salut.

Guillaume (basse) : Et moi Guillaume donc, bassiste de Mirage.

 

D’après vous, qui est Mirage ?

Stéphane : C’est Adrien et David !  Du moins c’est les premiers à l’avoir été. (Rires)

Adrien : Mirage ça remonte à 2013.

David : J’ai débarqué à Lyon avec la ferme intention de monter un groupe de hardcore melo, j’ai rassemblé des potes et il y avait Adrien, ancien guitariste de What We Stand For, qui était vachement chaud et dispo du coup on s’est réunis dans un kebab et on a lancé le projet. On a commandé une Monster à 3€ ! (Rires). On a fait un tour de table et on s’est rendus compte qu’on avait les mêmes projets de vie. On a malheureusement dû se séparer de 3 membres, donc on a sorti Minefield à deux seulement et ensuite on a recruté tout le line-up.

Adrien : Le line-up définitif date de août/septembre 2016, juste après la sortie de Minefield.

 

D’ailleurs, pourquoi Mirage ?

David : Chacun possède une perception de la réalité qui lui est propre. Notre éducation et notre façon de gérer nos émotions définiront tout au long de notre vie le milieu social dans lequel nous allons nous épanouir. Pour ma part, les gens, les idées, les buts apparaissent et disparaissent comme des Mirages, au gré de nos émotions. Nous faisons souvent des choix décisifs pour notre futur en fonction de ces émotions d’ailleurs! Mais quand notre vision est assombrie, que nous sommes pollués par nos insécurités, nous perdons toute volonté de faire face, et on fuit l’échec avant d’échouer réellement. Puis le temps passe et on s’en veut de ne pas avoir été assez courageux et on tombe dans le regret, la solitude et la culpabilité d’être ce que nous sommes.. C’est une réalité qui m’est propre, et une souffrance mais je sais que je ne suis pas le seul. Mon but est de vaincre cette vision pessimiste et c’est un peu paradoxal de nommer le groupe ainsi mais c’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour ne pas perdre de vue mon objectif principal: celui d’être heureux, comme tout le monde. Certains ont besoin d’ouvrir les yeux avant de s’auto-détruire, et j’espère pouvoir en réveiller un maximum avant qu’il ne soit trop tard pour eux et que leurs certitudes néfastes ne deviennent indélébiles dans leur esprit.

L’aboutissement de 4 ans de galères.

 

Vous avez sorti votre premier EP il y a peu. Que représente celui-ci pour le groupe et pour chacun des membres ?

David :  Une attente horrible ! C’est la première fois que je concrétise vraiment un projet tel que celui-ci, où je suis seul frontman au niveau de la voix. C’est la concrétisation de 4 ans de galère, et c’est pour ça qu’on l’a appelé Depuis Le Temps… d’ailleurs !

Adrien : Avec David on était vraiment impatients de le sortir, on a tellement galéré. On est passés par des hauts et des bas, quand on a dû se séparer des anciens membres par exemple, et de pouvoir enregistrer cet EP avec de nouveaux musiciens, qui sont nos amis, et pouvoir le sortir c’était vraiment une très belle expérience.

 

Comment s’est passé la composition de celui-ci ?

David : En fait, on a composé tout l’EP à deux. Ils ont rejoint le projet en cours, par exemple sur le clip de Minefield c’est une batterie « programmée » qu’on entend. Antoine, à son arrivée, a ajouté des vraies pistes.

Adrien : Ils ont bien sûr tous apporté leur patte après !

Stéphane : Les plus avertis auront donc remarqué que Minefield (Reissue) est différente de Minefield, d’où son nom ! Au niveau des textes, c’est surtout David qui écrit, même si plus le temps passe, plus on partage ça.

David : Tout est à propos de ce que je ressens pour tel ou tel sujet. Je sais que j’ai pas forcément cet état d’esprit de certains groupes qui se positionnent face à un sujet en particulier, c’est juste moi. C’est un avis un peu plus personnel et peut-être un peu plus proche du public. Par exemple Daydreamer parle de cette idée de moule de la société avec laquelle j’ai beaucoup de mal. Tout reste assez personnel, mais j’en parle bien sûr aux gars aussi !

 

Que cherchiez-vous à transmettre à travers Depuis Le Temps… ?

David : Je crois qu’on a surtout fait un amas de nos influences, on va dire que c’est une compil de ce qu’on sait faire. On est conscients qu’on a quelques soucis de structures parfois, mais c’est un peu une carte de visite; « on débarque, on sait faire ça, soyez attentifs ».

Stéphane : Et encore, c’est qu’une démonstration de ce qu’on savait faire à l’époque ! C’est mieux maintenant.

 

Avez-vous eu des influences particulières pendant cette période ?

Adrien : Oh oui ! Couterparts notamment, Bring Me The Horizon… Surtout du hardcore melo aussi !

Stéphane : Pas mal de Bring Me The Horizon ouais !

David :  Moi au niveau du chant il y avait du Architects, un peu de Ronnie Radke (chanteur de Falling In Reverse ndr), Bring Me The Horizon, Northlane, un peu de Stick To Your Guns par ci par là et puis voilà !

Antoine : Moi j’y suis surtout allé au feeling avec ce que je sais faire. Mes influences c’est surtout le jazz, donc rien à voir (Rires) ! Mes deux idoles sont Matt Halpern de Periphery, et Ryan Van Poederooyen de Devin Townsend.

Guillaume : Moi niveau basse, énormément de Tool. Après pour l’EP j’ai surtout rajouté des touches techniques comme Adrien avait déjà composé la basse, tout ce qui est du slap, des harmoniques …

 

Est-ce que vous avez un morceau préféré sur l’EP ? Si oui, pourquoi ?

Stéphane : Moi je réponds direct Daydreamer ! J’adore les mouvements qu’elle implique sur la guitare. Elle est fun à jouer, mais la raison principale qui me fait kiffer c’est au niveau de la voix, je saurais pas dire pourquoi mais je trouve que c’est là qu’elle éclate vraiment.

Antoine : Daydreamer aussi ! C’est un peu un « pain in the ass » pour la jouer mais elle est bien cool. Pour moi c’est celle qui a le meilleur potentiel de tube, c’est catchy, c’est pêchu et puis niveau structure c’est la plus conventionnelle, la plus costaud !

David : Pour moi c’est Indigo, celle qui me touche le plus, peut-être parce que c’est la dernière que j’ai écrite, et donc la plus proche de mon état d’esprit actuel. J’y ai mis tout ce qu’il me restait à dire et elle me tient vraiment à coeur.

Adrien Pour moi ça va être Daydreamer, elle me met de bonne humeur, elle est super à jouer, il y a ma partie lead préférée de l’EP dessus, le chant c’est de la tuerie… Elle me met vraiment bien !

Guillaume : Moi j’aurais plutôt tendance à dire Indigo, les paroles me parlent beaucoup, les lignes de basse sont cools à jouer, les moshparts sont catchy et puissants, et en même temps je la trouve hyper aérienne. Puis bon, aussi pour casser des gueules. (Rires)

 

De l’audace et de l’ambition.

 

Vous avez joué au Ninkasi Kafé pour votre release party. Comment s’est passée cette soirée ?

Adrien : Personnellement, je m’attendais pas à ce qu’autant de gens viennent nous voir, ça a vraiment fait chaud au coeur, il y a des gens qui ont acheté notre merch, qui chantaient nos paroles… C’était ouf.

Stéphane : Je pense que pour l’instant c’est notre plus grande réussite. On était la tête d’affiche donc on se dit que ceux qui sont restés jusqu’à la fin avaient quand même bien envie de nous voir !

David : Ou alors ils étaient juste pas fatigués ! (Rires) On a fait notre premier wall of death aussi !

Guillaume : Et des circle pits !

Antoine : On s’est sentis un peu comme des rockstars, c’était beau.

 

Si on vous demandait « où sera Mirage dans 5 ans d’après vous », vous diriez quoi ?

Stéphane : Au Sylak peut être ?! Dans 5 ans je pense qu’on aura déjà joué en Russie, on sera peut-être tous morts à cause de ça d’ailleurs ! (Rires) Mais on aura joué en dehors de la France ça c’est sûr et certain, peut-être même au delà des pays frontaliers. Mais surtout, j’espère qu’on aura plus de gens qui nous suivent.

Antoine : Moi je sais pas… Je dirais peut-être première tournée US ?

Adrien : Dans 5 ans, j’espère qu’on aura trouvé un label. Il y a Sharptone Records qui me plaît bien, parce qu’il y a un line up de fou, Arising Empire, UNFD aussi, mais bon faut être australien (Rires) !

David Moi je dis; on aura sorti un deuxième EP, il s’appellera On vous l’avait bien dit ! (Rires) Non mais sinon dans 5 ans on aura notre label, notre premier album, suffisamment de fans, on aura bougé… Et j’aurais perdu du poids. (Rires)

Antoine : Et moi aussi !

Guillaume : Et moi j’aurais pris des muscles !

 

En tant que groupe qui a galéré pour débuter et qui a connu de beaux coups durs, que diriez-vous à tout ceux qui pourraient se décourager ?

David : Bottez le cul à ceux qui veulent pas le bouger ! Communiquez, c’est le plus important. On a tous notre vie à côté, on a tous la flemme mais si c’est vraiment votre objectif principal, faîtes en sorte d’avancer.

Antoine : Je pense qu’il faut être concis, il faut dire ce qu’on veut. Nous, notre but, c’est de pouvoir offrir un produit fini, quelque chose de bien.

Stéphane : Si dès le début chacun dit clairement ce qu’il veut et ce pourquoi il est là, il n’y a pas de raisons que ça marche pas. Entre nous, on est un peu un mélange de tout; des bros, des potes, des collègues. Pour moi c’est une seconde famille.

Guillaume : C’est clair que si ton projet c’est d’avoir un groupe garage pour passer le temps, il faut pas que tu te mettes avec ceux qui ont de l’ambition et qui veulent percer, et vice versa.

 

Vous avez l’occasion de monter la tournée de vos rêves. Vous faîtes la headline. Qui vous emmenez ?

Adrien : Northlane, Polaris et Architects.

David : J’y ai pas franchement réfléchi… J’aimerai pouvoir partager la scène avec des gens qui kiffent comme nous, alors je dirais Resolve. D’ailleurs à notre échelle, si on avait l’occasion de faire un feat ou un split EP ça serait carrément avec eux, on est tous hyper fans et on les admire tous.

Guillaume : Pour moi… Northlane, Tool et Loathe.

Stéphane : Resolve carrément, Crossed Hands aussi car on a joué avec eux au ToyFest et je les ai adoré. Et en troisième, One Standing Hope ! Pareil on a joué avec eux, et on les adore.

Antoine : Pour moi Northlane, Periphery et Devin Townsend !

 

Qu’est-ce qu’on peut attendre de Mirage en 2018 ?

David : Spoiler alert, oui on a des choses secrètes prévues pour 2018 ! On prévoit des sorties de nouveaux clips et nouveaux morceaux. Notre objectif c’est d’avoir atteint au moins 95% de la composition du prochain EP avant la fin de l’année, du nouveau merch aussi…

 

A quand une première tournée d’après vous ?

Adrien : Peut-être cette année en fin d’année ? Notre objectif principal pour le moment c’est vraiment la sortie de l’EP, chaque chose en son temps.

David : On a montré qu’on avait du potentiel, maintenant on veut vous montrer tout ce qu’on sait faire.

 

En un mot, comment décririez-vous Mirage ?

Antoine : Pour moi… Global.

Stéphane : Cohérent.

David : Communauté je pense.

Adrien : Progression.

Guillaume : Projet.

 

3 mots chacun pour finir ?

Adrien : In The Ass.

Guillaume : Communauté, Groupe et Musique.

Stéphane : Houmous, Bonheur, Partage.

David : Courage, Vivre, Despacito.

Antoine : Non-sens, Burlesque, Patate.

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